Le scandale des dividendes

Bonjour, vous écoutez La Finance Personnelle avec Charles et j’aborde aujourd’hui le plus grand scandale des marchés financiers.

Un exutoire injuste et inculte

Je reviens sur le sujet brûlant du dividende après en avoir donné la définition dans un épisode précédent que je vous invite donc à écouter au préalable.

Pour rappel donc, le dividende constitue la part de bénéfices versée aux actionnaires après décision du conseil d’administration de l’entreprise.

Dans 99 % des cas, le versement d’un dividende n’est possible qu’en cas de bénéfice et si les conditions financières et prospectives de l’entreprise le permettent.

Beaucoup d’entreprises ne sont donc pas toujours en mesure de verser un dividende puisque leur politique à ce sujet fluctue avec leur activité et leurs anticipations concernant le prochain exercice.

Pour résumer, le dividende est le revenu de celui qui a investi de l’argent dans une entreprise qu’elle soit cotée ou non.

L’actionnaire, ce peut être vous en quelques clics seulement, et au cours d’aujourd’hui, cinq paquets de cigarettes valent environ une action TotalEnergies (TTE) (1) dont le dividende annuel rapporte 4,63 % bruts. A vous de choisir.

Une cible facile

Hélas, le dividende est LA cible préférée dans la mire des détracteurs du capitalisme qui s’en servent tel un exutoire en vue d’exciter, je cite, « les masses laborieuses contre les riches toujours plus avides d’argent. »

On lit par là « nouveau record historique de dividendes distribués en 2022, en hausse de +23,9 % par rapport à 2021 » ou par ici « voici le montant record distribué aux actionnaires par les entreprises du CAC 40 : 56 milliards d’euros. »

Prises hors contexte, ces informations ont pour but de choquer ceux qui, légitimement, se plaignent de la réduction de leur pouvoir d’achat dans un contexte de tensions économiques, géopolitiques et énergétiques.

Un oubli bien pratique

Mais les auteurs de tels articles oublient de préciser le contexte à savoir que 2021 fut une année exceptionnellement défavorable aux dividendes en raison de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’exercice 2020 des entreprises.

Si on oublie jamais de crier sur les toits dans quelle scandaleuse proportion les dividendes ont augmenté, on se garde toujours d’informer le public quand les dividendes ont baissé.

Les mêmes qui demandent aujourd’hui de taxer les « super-dividendes » s’abstiennent bien d’aller au bout de leur raisonnement en proposant de moins taxer quand les dividendes diminuent comme ce fut le cas récemment.

Face, tu perds, pile, tu perds, méchant actionnaire !

Ces chiffres dûment sélectifs sont donc répétés ad nauseam au grand public dont certains rêvent qu’il se soulève contre un tel scandale, à savoir que l’actionnaire est rémunéré pour le risque qu’il a pris d’investir dans une entreprise.

Un scandale, vraiment ?

Un peu comme si la même personne qui critique les actionnaires mais qui loue un logement se voyait vertement critiqué tous les ans de recevoir des loyers.

In fine, c’est le concept même de propriété qui est attaqué.

Ce que l’on reproche aux actionnaires, à savoir tirer un revenu de leur investissement, on ne le reproche bizarrement pas aux investisseurs immobiliers ou à ceux qui, au PMU, espèrent bien doubler au moins leur mise.

Pire, investir reviendrait à spéculer. Pourtant, rien n’est plus faux !

Les actionnaires qui touchent des dividendes et s’en servent comme complément de revenu, comme les retraités se servent du loyer de leurs biens locatifs comme complément de retraite, ne spéculent justement pas.

L’écrasante majorité des actionnaires intéressés par les dividendes investissent à long terme et voient légitimement leur fidélité récompensée.

Préférez-vous Washington ou Pékin ?

Attaquer ceux qui investissent et en reçoivent le juste produit revient à livrer nos grandes entreprises cotées dans les bras d’intérêts étrangers trop heureux de voir nos banques, nos foncières et nos pétrolières bien moins valorisées que leurs homologues américaines ou chinoises pour des performances comptables pourtant similaires.

Critiquer le dividende, par méconnaissance et commodité, revient à la fois à priver le grand public – vous et moi – d’une formidable opportunité d’investissement et à fragiliser les grandes entreprises françaises qui conservent ce qu’il nous reste d’indépendance économique.

Pour faire simple : pas d’actionnaires, pas d’entreprises. Pas d’entreprises, pas d’emplois. Pas d’emplois, rien à manger.

Prendriez-vous, oui VOUS, un risque sans aucune contrepartie ?

C’est pourtant bien ce que certains exigent des actionnaires qui touchent des dividendes.

Clou du spectacle, même si vous êtes contre les dividendes, vous en touchez quand même car l’État – c’est à dire vous et moi en bout de chaîne – est non seulement actionnaire de grandes entreprises cotées mais il reçoit aussi des milliards d’euros chaque année au titre de l’impôt sur les bénéfices générés par les entreprises ET sur les dividendes versés aux actionnaires.

Maintenant que vous savez qu’un actionnaire qui touche un dividende ne diffère guère d’un propriétaire qui touche un loyer, retrouvez-moi très bientôt pour un nouvel épisode.

Abonnez-vous dès maintenant avec votre logiciel ou application préféré et surtout, soutenez cette initiative en likant et en partageant autour de vous. Vous pouvez désormais vous abonner à ce podcast via Spotify, Deezer ou encore Amazon Music. Retrouvez aussi plus d’informations et de contenus inédits sur mon site charlesrault.fr ou .com

Merci de votre confiance et à très bientôt !

(1) J’ai mentionné l’action TotalEnergies (TTE), cela ne constitue pas une recommandation d’achat. L’investissement en actions comporte un risque de perte en capital et je vous invite à visiter le site internet de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour en savoir plus.

Laisser un commentaire