Le Dividende

Bonjour, vous écoutez La Finance Personnelle avec Charles et je vous parle aujourd’hui du dividende.

Dans ce nouvel épisode, j’aborde un sujet brûlant qui suscite autant de fantasmes que de convoitises et d’envies. Le dividende est défini comme la part des bénéfices attribuée à chaque actionnaire en fonction des résultats de l’entreprise pour une période donnée.

Bienvenue donc dans le monde de l’irrationnel amplifié par les médias et par un déficit général d’éducation financière, je veux parler du dividende, vous expliquer ce qu’il est vraiment et répondre à la question de savoir s’il est vertueux plutôt qu’affreux.

« C’est au troisième trimestre 2021 qu’a été battu le record du montant des dividendes versés en trois mois par les 28.000 entreprises cotées dans les bourses du monde : pas moins de 355 milliards d’euros, selon le gestionnaire Janus Henderson, » titrait récemment Ouest France. « Les dividendes mondiaux devraient battre des records en 2021. Ils pourraient bondir de plus de 15% par rapport à 2020, » écrivait aussi FranceTVInfo.

Petit aparté : 355 milliards d’euros divisés par 7,8 milliards soit la population mondiale égale 46 euros environ par personne. Quand on calcule comme ça, c’est tout d’un coup bien moins impressionnant. Et attention, en réalité c’est beaucoup moins, car c’est le chiffre avant impôts.

Bref, aussitôt que de tels titres paraissent, dévale le flot habituel de critiques acerbes tant chez les politiques qui appellent à faire payer « les plus riches » que sur les réseaux sociaux où certains dénoncent « les privilèges des actionnaires qui se gavent sur le dos des employés et des pauvres. » Stop, quittons le monde du fantasme pour revenir au réel.

D’abord parce quand les dividendes ont chuté ou ont carrément été suspendus sur décision de l’Etat en pleine pandémie de Covid-19, aucun gros titre n’a plaint lesdits « privilégiés » qui n’en sont en fait pas, en tout cas pas tous et vous saurez pourquoi. Ensuite parce que ce perpétuel discours anti-dividendes, présenté comme la manifestation la plus odieuse de l’ultra-capitalisme, est tout simplement erroné. Pire, le sujet des dividendes est délibérément manipulé afin de garder bon nombre d’entre nous dans l’ignorance.

Non, le dividende n’est pas réservé « aux plus riches ». A travers les participations de l’Etat au capital de très nombreuses entreprises, vous, moi, votre voisin, votre beau-frère, votre belle-mère, tout citoyen de notre pays est indirectement actionnaire et est donc l’heureux bénéficiaire de dividendes. Et où vont ces dividendes ? Ils sont affectés au budget de l’Etat, et qu’est-ce que le budget de l’Etat in fine ? Ce sont vos allocations, vos subventions, votre police, votre armée, vos hôpitaux, etc… En 2018, l’Etat, c’est-à-dire nous tous, a touché presque 3 milliards d’euros en dividendes.

Mais ce n’est pas tout, réjouissez-vous ! Le dividende est l’aboutissement d’un processus qui génère deux impôts au bénéfice de l’Etat. D’abord, 25% du bénéfice dont est issu le dividende est versé à l’Etat au titre de l’Impôt sur les sociétés (IS). Ensuite, une fois distribué à l’actionnaire, le dividende est soumis soit au Prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% soit au barème de l’Impôt sur le revenu (IR).

Je vous donne un exemple : un dividende distribué de 100 euros aura généré 34 euros au titre de l’IS puisqu’il faut un bénéfice de 134 euros avant impôt de 25% pour verser 100 euros à l’actionnaire puis 30 euros après distribution au titre du PFU soit 64 euros d’impôts en tout pour 100 euros versés à l’actionnaire. Et oui, surprise, lesdits « privilégiés » payent beaucoup d’impôts !

Petit aparté : en 2018, le quotidien Les Echos, a rapporté que ladite « flat tax », le PFU, lui aussi souvent critiqué, a rapporté plus que l’ancienne imposition progressive de 2017. Bref, loin du fantasme, tenez-vous en aux chiffres.

En plus donc de ses participations au capital d’entreprises cotées, l’Etat touche des sommes faramineuses au titre de l’Impôt sur les sociétés et de l’impôt sur les dividendes, autant de milliards d’euros qui participent de l’Etat-providence ou de l’Etat protecteur si cher aux contribuables et aux électeurs.

Par conséquent, toute augmentation des dividendes devrait susciter l’enthousiasme puisque au final c’est l’Etat et donc nous tous qui gagnons plus. Le dividende n’échappe donc jamais à l’impôt, en toucher, peu ou beaucoup, participe donc et notamment de la qualité de notre système social.

Aussi, le dividende n’est pas du tout réservé « aux plus riches ». Nous vivons dans un pays libre à économie de marché. Cela veut dire que vous, moi, ou encore votre belle-mère peut ouvrir un compte-titre pour acheter des actions et toucher à son tour des dividendes. Là, tout de suite, maintenant.

Une action de l’entreprise TotalEnergies cote actuellement 51,30 euros. Pour un investissement de ce montant, vous devriez toucher 2,64 euros de dividendes annuels soit un rendement de 5,14%, c’est quand même 5,14 fois mieux que le rendement actuel du Livret A.

Alors oui, c’est vrai les « plus riches » concentrent à eux seuls une part sensible de tous les dividendes  mais c’est aussi vrai pour toutes les classes d’actifs comme l’immobilier. Mais dites-vous bien une chose, si « les riches » en reçoivent tant, c’est peut-être parce qu’être actionnaire est la bonne chose à faire. Alors plutôt que de seulement constater, passez à l’action ! En plus, avec le Plan épargne actions (PEA), vous pouvez toucher des dividendes et ne presque pas payer d’impôts ! Nous en reparlerons.

Quant à ceux qui souhaitent l’interdiction pure et simple des dividendes, rappelons-leur que tout investissement requiert un retour sur un investissement. L’un ne va pas sans l’autre. De plus, le dividende a tendance à réduire la spéculation puisqu’il attire des actionnaires désireux de stabilité et d’investissement à long terme.

Rappelons-leur aussi que la participation salariale de nombreux employés dépend du niveau des dividendes. Rappelons-leur que les dividendes rapportent beaucoup d’impôts à l’Etat. Rappelons-leur aussi que si le dividende doit être interdit, alors le paiement des loyers aux bailleurs devrait logiquement l’être aussi. Bref, bonne chance !

Le dividende constitue une part substantielle de ce que l’on appelle le retour total sur investissement dans le long terme. Il peut être au cœur d’une stratégie d’investissement pérenne et profitable d’intérêts composés dont je vous parlerai plus en détails dans un prochain épisode.

Retenez pour le moment que le dividende est bien plus vertueux qu’affreux, fait partie intégrante de la vie des entreprises, qu’il est en quelque sorte à l’actionnaire l’équivalent de ce qu’est le loyer pour un bailleur, qu’il participe à la solidarité nationale à travers l’impôt, qu’il est versé à quiconque est actionnaire et que ce peut être vous à partir de quelques euros si ce n’est pas déjà le cas.

A toutes fins utiles, je vous rappelle qu’acheter des actions peut générer une perte en capital, je vous invite donc à vous informer en visitant le site de l’Autorité des marchés financiers (AMF) avant d’investir.

Maintenant que vous avez dépassé le tabou du dividende et que vous savez que s’instruire vaut mieux que fantasmer, retrouvez-moi très bientôt pour un nouvel épisode.

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