La Performance ne suffit pas

Bonjour, vous écoutez La Finance Personnelle avec Charles et aujourd’hui vous apprendrez pourquoi la performance ne suffit pas.

C’est une fois encore un épisode fondamental car il peut transformer complètement la façon que vous avez d’envisager l’investissement de votre épargne ou d’analyser vos investissements immobiliers et financiers si vous en avez déjà.

En gros, il s’agit de vous inculquer un postulat de départ qui va, ensuite, influencer toute votre méthode et toute votre psychologie d’investisseur sur le long terme.

Je vous invite à mener l’expérience suivante : à l’occasion d’un déjeuner ou d’un dîner avec des collègues ou des amis, amenez la discussion sur le vaste sujet de l’investissement. Commencez par parler d’un bien ou d’un actif que vous avez acquis récemment si cela peut aider à lancer le sujet.

Assez vite, l’un de vos interlocuteurs parlera de la performance de l’un de ses investissements. En général, il parlera d’un résultat positif plutôt que d’un résultat négatif à moins que ce ne soit un proche quelque peu déçu.

Ainsi donc, disons votre passionnant beau-frère Jacques-Edouard se félicite car avec son placement Turbo Boum Boum, il a « gagné » 20% cette année quand le CAC 40, l’indice de la bourse de Paris, se contentait de 5%. En clair, Jacques-Edouard a bien pulsé puisqu’avec Turbo Boum Boum, son placement d’enfer, il a fait 4 fois mieux que le CAC 40.

Encore faut-il qu’il ait clôturé son placement et que ces 20% soit le retour total définitif de son investissement, mais passons cette précision pour aller droit au but.

Une célèbre marque de pneus dit que « sans la maîtrise, la puissance n’est rien, » et bien on peut dire la même chose de l’investissement à savoir qu’annoncer, fièrement ou pas, une performance n’a pas de signification par elle-même.

Votre excellent beau-frère Jacques-Edouard peut bien s’exclamer qu’il a gagné 20% cette année – et pas vous – cela ne veut rien dire. Je répète, affirmer un résultat tout seul ne veut rien dire, absolument rien.

Mais, me direz-vous, cela veut dire que les publicités qui affichent les résultats d’un placement sont fausses ? Non, elles ne sont pas fausses car le résultat est vrai, mais parce qu’on est de vrais investisseurs et qu’on ne se contente pas de gratter un Banco au PMU – je dis ça car plus jeune je gagnais souvent au Banco – on réfléchit comme des investisseurs intelligents.

En clair, on compare toujours la performance à une donnée absolument fondamentale et indispensable, mais malheureusement pas toujours facile à calculer, à savoir le risque.

Par simplicité, je résumerai très rapidement le risque comme la volatilité qui est le degré de variation de la valeur (ou d’un prix) d’un actif sur une période donnée et qui est calculé par l’écart-type (standard deviation en anglais).

Par conséquent, votre intarissable beau-frère Jacques-Edouard est plus proche du Banco ou du jeu de hasard quand il énonce sa performance seule, d’où l’idée fausse mais largement répandue que la bourse est un casino. Mais votre fantastique beau-frère Jacques-Edouard serait un investisseur intelligent s’il communiquait sa performance en indiquant le risque.

Chez les financiers, on utilise le ratio de Sharpe qui permet de calculer précisément le retour sur investissement d’un actif comparé à son risque et au taux sans risque, et de le comparer ensuite sur une même base à tout un tas d’autres actifs apparemment similaires.

Imaginez que demain, accompagné de votre super beau-frère Jacques-Edouard, vous avez rendez-vous avec Pierre Jean-Paul, conseiller bancaire du Crédit Boum Boum. Ce dernier vous propose le fameux placement Turbo Boum Boum qui rapporte 20% l’an mais avec une volatilité de 10.

Concomitamment, vous avez déjà un placement appelé Pas Vraiment Ouf et qui vous rapporte 10% l’an avec une volatilité de 3. En apparence, le placement Turbo Boum Boum est meilleur. En vrai, une fois le risque pris en compte, votre placement Pas Vraiment Ouf est meilleur car il vous rapporte plus comparativement au risque que vous prenez en tant qu’investisseur.

Pour résumer, si on vous propose un placement appelé Turbo Boum Boum, demandez à votre inoubliable beau-frère Jacques-Edouard quel en est le ratio de Sharpe, vous vous ferez un ami – ou pas ! Et dans ce cas, appelez-moi !

Maintenant que vous avez le bon postulat de départ en sachant que la performance ne suffit pas, retrouvez-moi très bientôt pour un nouvel épisode. Abonnez-vous dès maintenant avec votre logiciel ou application préférée et surtout, soutenez cette initiative en likant et en partageant autour de vous.

Merci de votre confiance et à très bientôt !

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